Cours: comment éviter l’essaimage… ou pas.

L’essaimage est le moyen de reproduction naturel de l’abeille et c’est pour cela que l’on doit accepter ce phénomène.

Cependant je vous parle d’apiculture donc de l’intervention humaine sur la ruche.
choix 1: je laisse faire la nature, et je n’aurai peut-être pas de miel cette année, et je ne récupérerai peut être pas l’essaim parti.

choix 2 Avant que la fièvre d’essaimage gagne les colonies les plus fortes, on peut faire des essaims artificiels (divisions) ou agrandir et donner du travail aux cirières pour minimiser les risques.

Il faut lui donner de quoi s’occuper et lui faire construire des cadres. L’addition d’une hausse au-dessus du nid à couvain est un stress énorme et surtout une énorme déperdition de chaleur pour la colonie. Cette intervention perturbe aussi considérablement la ponte de la reine qui va mettre un certain temps avant de reprendre la ponte. Pour éviter ou minimiser ce phénomène, il est conseillé de placer une feuille de papier journal (peu importe le type de lecture, tout leur convient… humour !!!) sur le nid a couvain et de ne laisser que 5 à 10 cm d’ouverture sur l’avant entre le corps de ruche et la hausse. Cette ouverture permet à une partie de la chaleur de préchauffer la hausse. La plus grosse partie de la chaleur restant dans le nid à couvain protégé par le journal. Quand les abeilles seront prêtes et qu’un certain équilibre sera établi, les abeilles liront euh…rogneront le journal et monteront dans la hausse. Attention : mettre une hausse sur une colonie trop faible est préjudiciable au développement de la colonie

Si les températures sont raisonnables si vous mettez une hausse, il n’est plus nécessaire de mettre une feuille de journal entre le corps et la hausse, mais si vous avez des doutes…faites le, surtout si la colonie n’est pas super forte. Poser une hausse trop tôt sur une colonie forte n’a que peu de conséquences ? poser une hausse trop tard sur une colonie forte entraine la fièvre d’essaimage et une fois que celle-ci a débutée, il est trop tard, rien ne les arrêtera sauf peut-être la météo.

choix 3 Divisions :

-Le principe : l’apiculteur va prendre un cadre de couvain avec des œufs, des abeilles, du miel et du pollen, et le mettre dans une ruchette.

-Les abeilles ne sentant plus la présence de la reine vont se sentir orpheline et utiliser les œufs de moins de 3 jours pour « fabriquer » une nouvelle reine en les nourrissant exclusivement avec de la gelée royale.

-Quelques règles de base : Les cadres d’abeilles et de couvain doivent être prélevés sur une ruche très forte et très populeuse. (Pour ne pas trop affaiblir la colonie souche) .De préférence au moment d’une grande miellée (pour que la ruchette trouvent rapidement de quoi se nourrir, puisqu’elle a peu de réserve), un jour de beau temps, précédent une autre journée de beau temps en fin de matinée à une température mini entre 20°C et 25°C.(pour que les butineuses puissent sortir et repérer leur nouveau lieu en cas de déplacement de la ruchette )

Un cadre avec des œufs frais doit être présent parmi les cadres ajoutés à la ruchette (s’il n’y a pas d’œufs frais, les abeilles auront du mal à transformer des larves nourries pour être ouvrières en reine)
Des faux bourdons doivent être présent dans la ruche depuis aux moins 2 semaines. (il faut que des mâles maturent sexuellement soient présent pour la fécondation futur de la nouvelle reine)
La ruche souche doit être stimulée durant quelques jours après le prélèvement des cadres et des abeilles. (Avec un sirop )

Je vous présente 3 méthodes de divisions :

1) Nous mettons les cadres d’œufs, couvain, miel et pollen dans une ruchette et celle-ci est éloignée à plus de 3 km de la ruche mère afin que les abeilles ne retournent pas auprès de leur reine. (La ruchette sera nourrit avec 200ml de sirop 50/50. Cette opération de nourrissement sera répétée durant 3 à 5 jours de suite, puis avec un intervalle de 3 jours. Le 9ème jour, des cellules operculées doivent être présentes (c’est risqué de vérifier… car le moindre choc est fatal pour la cellule royale : ceci est un ordre d’idée qui diffère selon les apiculteurs).
16 jours pour l’élevage des reines puis 20 jours entre le vol nuptial et la première ponte. Ce n’est qu au bout de 30 à 40 jours que vous pouvez ouvrir la ruchette pour voir si la reine à commencé à pondre.

2) Division en éventail :

On déplace de 20 cm la ruche mère et on accole la ruchette à celle-ci à l’emplacement ou était la ruche. On les dispose légèrement en éventail,

On passe 1 cadre des couvains avec des œufs frais, 2 cadres de miel et de pollen.

Les abeilles de la ruchette se sentant orpheline vont « fabriquer » une nouvelle reine. Et les butineuses reviennent des 2 cotés (ruche mère et ruchette) car les entrées correspondent à l’emplacement de leur ruche souche. (On nourrit pendant quelques jours les 2 ruches pour les aider à vivre cette division)

3)Division l’essaim nu (expliqué par jean Luc, ancien chef de notre association en transhumance sur la lavande…)

Méthode ancienne et traditionnel qui était aussi pratiquée autrefois par les grecs qui consiste à recréer des conditions d’un essaimage naturel.

  • Préparer un corps de ruches propre nettoyer garni de 10 cadres de cires gaufrées non bâtis (on peut éventuellement mettre 1 ou 2 cadres bâtis pour faciliter la ponte de la reine)
  • Le poser sur le corps de la ruche à diviser et placer le couvre cadre au 3 /4 fermé au sommet (sortie de fumée)
  • Enfumage costaud à la base (1mn minimum) : les abeilles se gorgent de miel
  • Tapotage du bas : fais monter les abeilles et la reine.
  • Préalablement un 2eme plateau de sol a été préparé
  • Placer le corps du haut sur ce plateau : cette ruche est prête à être éloigné de 3 km de la souche initiale.
  • Le corps du bas est laissé en place.

Il reste des abeilles, sans reine mais avec présence de cadres de couvain, profitent des abeilles butineuses qui rentrent et créerons une nouvelle reine qui pondra 30 à 40 jours plus tard.

Avantages : on sait ou est la reine (ce qui n’est pas le cas dans les 2 autres divisions énoncées avant, en déplaçant les cadres, on peut déplacer la reine… à moins d’avoir un œil connaisseur…mais parfois la vue baisse

Petit cours: l’activité des faux bourdons

Par rapport à la reine et aux ouvrières, le faux bourdon possède d’autres signes distinctifs :

  • De gros yeux. Les yeux du faux bourdon comptent 8 000 facettes contre 5 000 seulement pour les ouvrières (pour mieux repérer une reine au milieu de 500 à 1000 autres bourdons, et ne pas se faire attaquer par les oiseaux ou autres prédateurs qui peuvent être attirés par cette nuée) .
  • Ses antennes, plus longues d’un segment 10 fois plus de capteurs que celles des ouvrières, (ce qui permet de sentir les phéromones d’une jeune reine de très loin).
  • Il ne possède pas de dard, il ne peut pas se défendre et sera jeter hors de la ruche avant l’hiver.
  • Il a une langue courte, il ne peut donc pas butiner.

Dans une ruche, le faux bourdon se reconnaît par sa morphologie. En fait, il doit son appellation à sa forme assez proche du vrai bourdon, notamment au niveau de la taille. Un abdomen beaucoup plus arrondi et plus gros comparé à celui des ouvrières fait qu’il pèse approximativement deux fois plus lourd qu’une butineuse : en moyenne 220 mg contre 100 mg seulement pour la butineuse.

Normalement, les reines ne pondent des œufs non fécondés qu’à partir du mois de mars.

La cellule d’un œuf mâle est environ 1/3 de fois plus grosse qu’une cellule d’abeille.

La ponte d’un œuf non fécondé donne obligatoirement naissance à un mâle (parthénogenèse). Les mâles n’ont donc pas de « père » direct mais un « grand-père », ce qui est important de retenir (peu de consanguinité contrairement à ce qui se dit ou lit).

L’œuf de mâle (comme l’œuf de femelle demande 3 jours pour éclore), la larve sera operculée 6 à 9 jours après l’éclosion de l’œuf, le faux bourdon naîtra 21 jours après l’éclosion de l’œuf soit à partir du 24ème jour qui suit la ponte. Il est à noter que selon l’urgence et le besoin, le mâle peut naître 24 à 26 jours après la ponte.

Il faudra compter une bonne quinzaine de jours pour qu’il commence à atteindre sa maturité sexuelle mais il ne devient vraiment fécond qu’à partir du 21ème jour.

Contrairement aux ouvrières, les mâles sont incapables de se nourrir seuls les premiers jours de leur vie. Ils seront donc nourris par les ouvrières avec un mélange de bouillie larvaire et de miel. Après quelques jours, les faux-bourdons commencent à s’alimenter seuls en puisant directement dans les réserves de miel (ils mangent 2 à 3 fois plus que les ouvrières).

Premiers vols : Ils effectueront leurs premiers vols entre le cinquième et le huitième jour. Même si la plu-part sont fidèles à leur souche, tous ne reviendront pas à leur souche car ils sont acceptés dans n’importe quelle ruche, ce qui permet d’avoir au sein d’une même colonie une grande diversité génétique et évite de cette façon les problèmes de consanguinité. Un mâle peut ainsi voler de ruche en ruche, de rucher en ru-cher. C’est seulement entre le douzième et le quinzième jour, que les faux-bourdons commenceront à effectuer des vols jusqu’aux aires de congrégation.(mais cette particularité peut faire passer le varroa de ruche en ruche)

Pour effectuer son vol nuptial, la reine se dirige vers une aire de congrégation des mâles. Ces lieux soulè-vent encore beaucoup d’inconnues pour les chercheurs. Nous savons qu’elles se situent dans un des espaces aériens de dimension très variable allant de 30 à 200 m de diamètre et situées entre 10 et 40 m du sol. Ces espaces sont perpétués d’année en année, de génération en génération. Ils peuvent être fréquentés par des milliers de mâles, qu’il y ait une reine ou non.

Avoir son rucher près de ces zones évite aux reines un voyage long et périlleux. Le faux bourdon meurt quelques minutes après son accouplement avec une reine. Son système reproducteur reste effectivement accroché à la reine à l’image d’une ouvrière qui perd son dard après avoir piqué.

En fin de saison, les abeilles récoltant de moins en moins de nectar, et la période de fécondation terminée, les faux-bourdons sont impitoyablement chassés des colonies. Les ouvrières leurs refusent l’accès et les font sortir de la ruche, certaines n’hésitant pas à aller jusqu’à les piquer s’ils se montraient trop insistants. Les mâles s’engourdissent très vite en dessous de 25°C,ils ne peuvent pas se nourrir de nectar car ils ont une trop courte langue et meurt rapidement.

Seules les colonies orphelines acceptent un certain nombre de mâles beaucoup plus tard en saison.

Leur durée de vie varie d’un à deux mois.

Le faux bourdon est souvent considéré comme un parasite du fait qu’il ne participe pas aux travaux de la ruche dont le butinage et la construction des rayons. Le rôle de ce mâle de l’abeille se trouve dans la reproduction. Mais il semblerait qu’il est un rôle de régulateur de l’humeur de la ruche (les ouvrières étant plus calmes et plus travailleuses en présence de ces messieurs), ils semblent aussi aider à la chauffe du couvain.

Les cires pré gaufrées que nous utilisons généralement sont adaptés pour faire des alvéoles d’ouvrières, les cellules de mâles seront fabriquées en périphérie, mais pas spécialement adapté pour.

Certains apiculteurs installent des cadres pour les mâles :

Pour faire un cadre à mâles, il vous suffit de couper une cire gaufrée au 2/3 et de la fixer sur un cadre. Vous placerez celui-ci en bordure de couvain et les abeilles le bâtiront aux 2/3 supérieurs en cellules d’ouvrières et au 1/3 inférieur en cellules de mâles. Vous pourrez aussi utiliser des cires à mâles vendues dans le commerce. Une cire à mâles représente 650 cellules/dm² contre 800 cellules/dm² pour une cire d’ouvrières.

Il existe aussi des cadres à jambage.

Observation d’un apiculteur : « j’ai pu constater avec la technique des cadres à jambage, que mes abeilles ont pro-duit plus de miel et qu’elles n’ont pas été touchées plus que les autres par le varroa. J’ai constaté également que les reines vivaient en moyenne une saison de plus que les ruches témoins, et cela s’explique parfaitement. En pondant d’avantage de mâles au cours de sa vie, la reine économise grandement sa spermathèque puisque les œufs mâles ne sont pas fécondés. Enfin, je puis affirmer maintenant que les cellules à mâles ne sont pas construites et rebutées dans le bas des cadres ou sur un bout de coté, mais là où les abeilles ont envie de les construire. Cela peut-être aussi bien en plein milieu du couvain femelles que sur un tiers du cadre, ce qui au fond, apporte de la chaleur au couvain d’abeilles. Les mâles jouent donc un rôle prépondérant dans la thermorégulation du couvain et contribuent à un équilibre remarquable des colonies. »

Le varroa se développent davantage dans les cellules mâles (car ils restent plus longtemps en phase de pupe et la femelle varroa peut donc davantage se multiplier avant la sortie de l’imago), certains apiculteurs mettent des cadres pour la fabrication des cellules mâles puis ils détruisent les cellules avant que les faux bourdons ne naissent pour éliminer le varroa qui se trouvent à l’intérieur des cellules. Mais …. Ils détruisent aussi la colonie de mâle….

Des études ont montré qu’il apparaît clairement que lorsqu’un faux-bourdon est parasité dès son stade larvaire par une ou des femelles varroas, il subit un net handicap à la production de spermatozoïdes. Les mâles, ayant été parasités par une femelle varroa, produisent en moyenne une quantité de spermatozoïdes inférieure de 44% par rapport aux mâles non parasités. Un faux-bourdon ayant été parasité par deux femelles varroas subit une production de spermatozoïdes inférieure de 53%.

En ce qui concerne les différences constatées en performance de vol, les influences ne sont pas flagrantes entre des mâles non parasités et des mâles parasités par une femelle varroa. En revanche, pour les mâles parasités par deux femelles varroas, les performances de vol se voient amoindries de 67% en moyenne.

Petit cours: les activités de la reine

La reine des abeilles est reconnaissable parmi toutes par sa taille : son corps, plus gros et plus allongé, mesure 20mm (contre 15mm pour une ouvrière). Mais étonnement, ses ailes ne sont pas plus grandes et ne recouvrent pas l’intégralité de son abdomen.

Autres particularités liées à son rôle : elle ne possède ni glandes cirières (elle ne construit pas de rayons de cire), ni d’organes de récolte ou de succion, indispensables au butinage. Car la reine ne collecte ni nectar ni pollen ! Elle ne quitte la ruche qu’une fois au début de sa vie, pour le vol nuptial. Ainsi, tout organe présent chez les ouvrières mais inutile au rôle de reproduction, est absent du corps de la reine.

La reine est la seule femelle féconde de la ruche et donnera naissance à toutes les abeilles de la colonie, qu’il s’agisse d’ouvrières ou de faux bourdons.

La reine des abeilles est le personnage central de la ruche. Elle produit des phéromones qui vont garantir la cohésion de la colonie.

La plus rapide à naitre sera l’élue et sa première tâche sera de mettre fin à la vie des autres reines conçues en parallèle. Pour cela, elle se servira de son dard. Contrairement à celui des ouvrières, en forme de harpon (qui provoque leur mort après leur première piqûre en arrachant leur propre abdomen), celui de la reine est complètement lisse , son sac à poison est 2 à 3 fois plus volumineux que celui de l’ouvrière, elle peut ainsi s’en servir plusieurs fois dans un court laps de temps, sans que cela ne leur porte préjudice.

L’espérance de vie d’une reine est de 4 à 5 ans, contre 5 à 6 semaines pour une ouvrière. Exclusivement nourrie de gelée royale (et nettoyée par les autres abeilles) tout au long de sa vie, la reine garde sa position de seule abeille féconde en inhibant les systèmes reproducteurs des butineuses par l’émission de messages chimiques, à base de phéromones. Si la reine disparait, les hormones des ouvrières reprennent le dessus et le flambeau de la reproduction sera repris. Seul problème : les œufs des sujets de la reine ne sont pas fécondés et donneront 100% de mâles (on parle de ruche bourdonneuse) et la ruche sera vouée à mourir.

Dans les premières semaines suivant sa naissance, la reine va sortir de la ruche pour effectuer son vol nuptial (généralement dans les 3 jours après sa sortie, si la reine attend trop sa chitine se durcit et la fécondation ne pourra plus ou mal se faire).

Par un bel après-midi, la reine, poussée par les ouvrières, s’envole à plus de dix mètres de hauteur pour rejoindre un lieu de rassemblement de mâles. Dans ce nuage de faux-bourdons, la reine sera poursuivie et fécondée par plusieurs mâles (8 à 18) différents. Seuls les plus rapides auront le privilège d’atteindre leur objectif, privilège si l’on peut dire, car le mâle ne survivra pas à l’accouplement, son appareil génital sera arraché lors de l’accouplement. La reine ayant rempli sa spermathèque de spermatozoïdes qui lui serviront à féconder ses œufs durant toute sa vie, retournera à la ruche. Une fois sa spermathèque pleine, plus jamais la reine ne sera fécondée. Une reine débutera sa ponte, si tout va bien, 10 à 15 jours après sa naissance. Elle déposera ses œufs au centre des cadres situés généralement au milieu de la ruche : un œuf par cellule.

Les cycles de ponte sont fonction des températures extérieures : le plus fort de la production se fera en mai, juin et juillet puis le rythme diminuera jusqu’à devenir nul en décembre, janvier, février pour reprendre en mars, avril.

Les cellules royales d’essaimagesont surtout visibles au printemps (d’avril à juin). Les abeilles devenues trop nombreuses dans la ruche vont se mettre à élever des reines. Si l’apiculteur n’intervient pas dans le processus naturel avant la naissance des jeunes reines, la vieille reine partira de la ruche, accompagnée de milliers d’abeilles (40 à 60% de la colonie) afin de former une colonie ailleurs : c’est ce que l’on appelle l’essaimage.

Les cellules royales de remérage peuvent être édifiées toute l’année, mais elles sont plus fréquentes en été (de fin juin à mi-août). La colonie se rendant compte en cours de saison que leur reine n’est plus en mesure de former une colonie forte capable de faire prospérer la colonie, décide de changer de reine avant la fin de saison et alors qu’il reste encore des mâles.

Les cellules royales de sauveté sont construites dans l’urgence lorsque la reine est victime d’un accident et que la colonie devient orpheline. S’il reste des larves présentes dans la colonie, l’instinct de survie des abeilles les incite à créer des nouvelles reines avec ces larves qui ont quelquefois plus de 3 jours. Les reines ainsi engendrées sont rarement de bonne qualité, mais permettent la survie de la colonie. Comme ce sont des larves d’ouvrières transformées in extrémis en larves royales, ces cellules sont généralement visibles en plein milieu des cadres.

Ce caractère altruiste et quelquefois suicidaire de l’abeille pour la survie de l’espèce, peut être utilisé par l’apiculteur pour produire ce qu’on appelle des essaims artificiels :

En orphelinant une partie des abeilles d’une colonie forte, puis en mettant à leur disposition des œufs et des larves, celles-ci vont générer des cellules royales qui donneront naissance à des jeunes reines et à une nouvelle colonie( principe de division). Au bout de quelques heures sans reine, les ouvrières n’ayant plus les phéromones royaux se sentent orpheline et se mettent a faire de nouvelles reines.

Pour voir la reine plus facilement, il est conseillé de la marquer de la couleur de son année de naissance :

bleu si l’année se termine par 5 ou 0 ; blanc si l’année de naissance se termine par 1 ou 6 ;jaune si l’année se termine par 2 ou 7 ;rouge pour les années se terminant par 3 ou 8 ;vert pour les terminaisons 4 ou 9

Petit cours: l activité des ouvrières à l’extérieur de la ruche


La gardienne

La gardienne a pour mission de s’assurer que les abeilles qui pénètrent dans la ruche font bien partie de la colonie, afin d’éviter le pillage de leurs réserves. Elles préviennent les soldats si besoin est.

Entre 12 et 25 jours, l’ouvrière s’oriente vers des tâches d’extérieur. Cela commence par la surveillance de l’entrée de la ruche contre les ennemis éventuels : mammifères, oiseaux ou autres insectes (y compris les abeilles d’autres ruches). Chaque abeille porte l’odeur de sa ruche qui sera ou non reconnue par la gardienne.

En cas d’alarme, la gardienne adopte une posture d’intimidation. Ensuite elle peut secréter des phéromones d’alerte qui amèneront le renfort des soldats. Finalement, la défense suprême consistera en une piqûre avec injection de venin. L’ouvrière qui a piqué avec son dard un ennemi en meurt.

La butineuse

La butineuse est chargée de récolter dans l’environnement proche les éléments nutritifs nécessaires à la colonie. Cette activité démarre à un âge moyen de 21 jours. C’est la distance parcourue en vol qui détermine sa longévité : si les fleurs sont loin de la ruche, elle ne rapportera pas beaucoup de nectar car il sera consommé dans le jabot en grande partie pendant le vol et l’abeille s’épuisera rapidement, alors que si les fleurs sont proches elle vivra plus longtemps et ramènera beaucoup de nectar à la ruche. (en général les abeilles peuvent voler jusqu’à 3 km à la ronde).

Pendant le vol la température du corps peut monter à 46°C, le trop plein de chaleur est redirigé vers la tête où il est éliminé en régurgitant des gouttelettes d’eau extraite du nectar( c(est un peu comme la transpiration chez l’homme)

Un seul contact avec le parfum d’une fleur suffit à ce qu’il soit inscrit dans sa mémoire.

La butineuse ayant trouvé un nouveau lieu de nectar est imprégnée de cette nouvelle fleur et de retour à la ruche, régurgite un peu de nectar pour faire goutter sa découverte, elle effectue ensuite une danse pour indiquer le lieu de sa précieuse nourriture : la danse frétillante des abeilles. La butineuse (éclaireuse) qui avait dansé dans la ruche, décrit de large boucle autour des fleurs où se produit la miellée en vol bruyant et laisse dans son sillage un bouquet odorant. Elle peut aussi diffuser autour du lieu de collecte, le parfum du regroupement (avec ses glandes de Nasanov), et trace aussi un véritable couloir aérien entre la ruche et les fleurs.

Les abeilles pondèrent le recrutement en fonction de la richesse de leur découverte et de l’aide dont elles estiment avoir besoin. Si l’une d’elle se rend compte que la source est en train de se tarir ou qu il y a trop d’abeilles ou du danger, de retour à la ruche elle interrompt la danseuse avec un son bref de 380 hz plusieurs fois accompagné de coup de tête.

L’abeille qui a bu tout le nectar d’une fleur, marque celle-ci d’un signal chimique pour prévenir les autres insectes qu’il n’y a plus de nectar ; le signal s’estompe à la même vitesse que la fleur renouvelle sa provision de nectar.

Pour préserver les ressources qu’elles ont découvert les abeilles marquent avec des odeurs les fleurs, ces odeurs sont répulsives pour les autres colonies et attractives pour les abeilles de sa ruche.

Le cerveau d’une abeille à la taille d’une épingle et ne possède que 960 000 neurones (100 milliards chez les humains), son organisme sophistiqué les rend néanmoins capables d’apprentissages. Elles apprennent et se souviennent des formes, des couleurs, des parfums des fleurs riches en pollen ou en nectar et des chemins invisibles qui les séparent de la ruche.

Au fil de l’évolution, les plantes ont développé différents moyens (parfum, couleurs…) d’attirer et guider les insectes vers le pollen. Sur le plan visuel, le rayonnement ultraviolet, dont l’énergie représente 5 % de la lumière du jour, tient une place essentielle : beaucoup d’insectes, notamment les Hyménoptères, dont font partie les abeilles, y sont sensibles, à la différence des humains.

Les résultats sont étonnants. Ils montrent que les couleurs florales vues sous éclairage ultraviolet sont parfois très différentes des couleurs vues en lumière du jour. Et que des fleurs distinctes mais de même couleur ont parfois, sous éclairage ultraviolet, des couleurs complètement différentes. Outre le plaisir esthétique qu’elles procurent, les photographies révèlent les repères et attracteurs visuels qui guident les insectes vers les organes floraux essentiels à la reproduction de la plante.

Les fleurs ne disposent pas seulement des odeurs, des couleurs et des formes pour attirer les insectes pollinisateurs. L’électricité entre aussi en jeu. En effet, quand une fleur (-) reçoit la visite d’une abeille (+) pour aspirer son nectar, elle perd automatiquement une bonne partie de sa charge électrique. Le champ électrique fonctionne donc comme un signal que la fleur donne à l’abeille. Si elle est chargée électriquement, cela veut dire que la fleur a du nectar. Sinon, qu’elle n’en a plus et que l’abeille ne doit pas la visiter. « La fleur ne peut pas décevoir les insectes. Elle a intérêt à ne pas mentir.

Il n’est pas rare de voir certains insectes pollinisateurs se succéder sur la même fleur. La durée de restauration du potentiel électrique varie d’une espèce végétale à l’autre et on ne sait pas si elle coïncide avec la production de nouveau nectar. « Certaines espèces délivrent de toutes petites quantités de nectar et sont visitées ainsi par beaucoup d’insectes, ce qui assure une meilleure pollinisation. D’autres au contraire fournissent beaucoup de nectar ce qui suffit à rassasier une abeille en un seul passage »

De même pour le pollen : l’abeille se charge positivement en volant et en s’approchant des fleurs (négatives car reliées à la terre) : on peut voir les grains de pollen sauter sur elle avant qu’elle se pose.

Bref, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur le lien entre les fleurs et les abeilles….