La durée de vie des ouvrières varie: Environ 40 jours en été et environ 140 jours en hiver

Pendant une vingtaine de jours, l’ouvrière s’attèle à la tâche à l’intérieur de la ruche. Ensuite, ses activités s’orientent vers l’extérieur.
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Une même ouvrière est capable de réaliser les différentes tâches nécessaires à la colonie. Néanmoins, le répertoire comportemental est fonction de l’âge de l’ouvrière et des besoins de la colonie à un moment donné. Toute la régulation des tâches se fait par la sécrétion de phéromones par les différents individus.

les activités de l’ouvrière : nettoyage des cellules, alimentation du couvain, operculation du couvain, chauffage du couvain, soins à la reine, soins aux ouvrières, alimentation des adultes, construction et entretien des rayons, réception du nectar, rangement du pollen, stockage du nectar, ventilation, gardiennage, butinage.

La nettoyeuse

A sa naissance, la très jeune abeille prépare les cellules à recevoir un œuf ou à stocker de la nourriture.

Le nettoyage consiste à supprimer les débris (morceaux de cire, parties d’abeilles, grain de pollen, etc.) et les fèces laissées par les nymphes écloses. Les lambeaux des opercules qui fermaient les cellules sont ignorés par les jeunes nettoyeuses ; elles sont enlevées par les nettoyeuses plus âgées. Puis le fond et la paroi de la cellule est léché et poli.

Certaines ouvrières s’occupent du nettoyage de la ruche : évacuer les débris au fond de la ruche (morceaux d’opercules, pelotes de pollen, mues de nymphes, écailles de cire, etc. D’autres encore reconnaissent et évacuent les cadavres. Ces évacuations sont effectuées au cours des sorties qui précèdent les vols de butinage.

La nourrice

A partir du 6e jour, une jeune abeille voit le développement de ses glandes suffisamment avancé pour assumer le rôle de nourrice.

La nourriture que reçoivent les larves est en grande partie produite par les glandes hypopharyngiennes et mandibulaires des ouvrières, pendant 3 jours la gelée royale puis le pain d’abeille( Le pain d'abeille est un mélange de pelotes de pollen, de miel et de ferments lactiques qui sert de nourriture de base aux larves , ces ferments lactiques sont produits par des enzymes contenus dans le miel stomachal que les abeilles régurgitent .)

La nourrice évalue l’âge et la caste des larves (sur base de signaux chimiques et mécaniques). Sur base de ces critères, l’alimentation est distribuée : sécrétions, pollen et miel en proportions variables. Le nourrissage consiste à déposer une goutte dans la cellule à proximité de la bouche de la larve.

La maçonne ou bâtisseuse :

Les glandes cirières de ces ouvrières (maturent du 12 -ème jour au 19 -ème jour) produisent de petites écailles de cire qui sont malaxées avec de la salive et mises en place. Ce faisant, les abeilles s’agrippent en une masse compacte.

Le gros-œuvre est le fruit d’un travail collectif coordonné (par des phéromones). Les ouvrières s’occupant de la construction des cellules sont âgées entre 1 et 50 jours avec un âge moyen de 15 jours.

Les travaux de construction sont de 2 types : la construction de cellules dans les rayons et les réparations ultérieures.

Il existe trois types de cellules : les plus petites pour les ouvrières, celles légèrement plus grandes pour les mâles qui sont généralement situées en périphérie des rayons et les rares cellules de reines de taille très nettement supérieure.

Les réparations, l’operculation avec de la cire et le colmatage avec de la propolis sont exécutées par des ouvrières de tous les âges...

La manutentionnaire

Lorsqu’une butineuse revient à la ruche chargée de nectar ou de pollen, elle livre son fardeau à une abeille manutentionnaire. L’abeille receveuse a un âge moyen de 15 jours.

Le nectar est aspiré par la receveuse des pièces buccales que la butineuse laisse ouvertes. La receveuse régurgite et ingurgite le nectar à de nombreuses reprises. Le but est de déshydrater le nectar pour en faire du miel. L’opération s’arrête quand le miel ne contient plus que 18% d’humidité. En préparant le nectar, elle ajoute des enzymes nécessaires à la fabrication du miel. Cette opération peut prendre plusieurs jours et est fonction des conditions météorologiques tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la ruche.

Le miel ainsi obtenu est stocké dans les cellules des cadres. La cellule n’est recouverte d’une fine pellicule de cire (opercule) que lorsque la déshydratation du miel est suffisante

Le pollen est déposé par les butineuses dans des cellules. Les ouvrières manutentionnaires mélangent le pollen avec un peu de salive et du miel. Il est ensuite entreposé dans les cellules.

La réchauffeuse :

Des réchauffeuses se placent sur le couvain operculé pour le réchauffer, elles restent environ 30 mn au même endroit et chauffent à 40°c grâce à des tremblements musculaires. Une abeille chauffeuse peut rayonner sur 70 nymphes. Des abeilles nourricières amènent aux abeilles chauffeuses du miel pour leur redonner de l’énergie, elles repèrent les abeilles chauffeuses avec leurs antennes sensibles à la chaleur.

La température du couvain : il s’agit de maintenir la population des œufs, larves et nymphes à une température comprise entre 33°C et 36°C , quand les températures extérieures peuvent varier du négatif en février (en début de ponte) à 40°c en été.

Il existe des différences de température dans les différentes cellules. Les nymphes élevées à 33°C seront plus propices à travailler à l’intérieur de la ruche (+ longtemps nourrices ou bâtisseuses), les nymphes élevées à 36°C auront plutôt une activité extérieure, ce sont qui participeront à la danse , butineuse, porteuse d’eau, éclaireuse.

Le comportement des abeilles chauffeuses qui chauffent à 33°C ou 36°C les cellules provient de la température à laquelle elles ont été élevées mais aussi de leur hérédité génétique…une complexité qui induit de remarquables facultés adaptatives.

La ventileuse

La ventilation de la ruche crée un courant d’air permettant de diminuer l’hygrométrie, le taux de CO2 et la température intérieure de la ruche. Ce climat favorise la déshydratation du nectar.

Pour ce faire, les abeilles ventileuses, d’un âge moyen de 18 jours, se placent à la sortie de la ruche, abdomen pointé vers le haut et battent des ailes.

Le travail des ventileuses est souvent coordonné avec celui des porteuses d’eau. L’apport d’eau et le courant d’air permettent d’abaisser la température dans la ruche afin d’assurer le développement optimal du couvain (entre 32° et 36°C).